Lorsque l'étiage de l'amour est au plus bas et que se présente une occasion mirobolante, il est difficile d'y résister surtout pour un homme, car le fait d'être courtisé flatte évidemment notre virilité.
Du côté du ou de la futur(e) cocu(e), on ne se doute bien sûr de rien, parce que tout semble acquis d'avance, parce qu'on s'imagine que le souvenir des années passées ensemble représente un bouclier contre toutes les armes, mais surtout parce que notre partenaire parait lié pieds et poings à l'ombre de l'habitude.
Pour avoir été des deux côtés de la barrière à un moment de ma vie, il me semble être bien placé pour en parler.
L'infidèle à l'aube de son premier acte adultère se pose toujours la même question : "comment puis-je faire ceci, est ce vraiment raisonnable ?"...
La tentation est parfois trop forte, c'est alors que tout disparaît instantanément dans le plaisir immédiat, le sel de la "chair fraîche", la satisfaction d'avoir franchie les limites d'un interdit moral.
Quand "le cocufiage" a été consommé et qu'il n'y a plus rien à faire, nous sommes seuls et face à notre conscience, parfaitement coincés entre deux feux : celles des aveux et celles des remords.
La sensation ressentie avec son conjoint habituel est alors étrange, on a vaguement l'impression de vivre dans un mirage au jour le jour et sans grandes certitudes pour le lendemain, puisque "si l'autre savait", il ne pardonnerait peut être pas.
Quoi qu'on en dise, la personne trompée a été trahie, sans armes pour se défendre, et son sort dépend alors entièrement de nous : on peut soit la maintenir dans au volant de sa petite voiture jaune tel Yoyo (si l'on ne dit rien sur ses écarts), ou alors lui asséner un coup de poignard dans le dos en cas de confession.
Cette dernière solution est une flèche empoisonnée, je ne la souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi, car elle brise au passage l'image d'un amour sincère et véritable.
L'infidélité est à l'amour ce que la flamme est à l'enfer, indissociable et tellement ravageuse qu'elle peut tout consumer sur son passage.