Le moment est venu d'écrire autre chose que des poèmes dans le domaine de l'érotisme...
Comme tout écrit, il faut savoir différencier l'auteur (qui est le rédacteur de l'oeuvre) du narrateur (qui comme son nom l'indique, narre l'histoire).
Parfois, le narrateur et l'auteur ne font qu'un, c'est notamment le cas pour les biographies, mais le plus souvent, ils sont dissociés.
Ici, je vous laisse deviner s'ils ne forment qu'une seule et même entité ...
BOULEVARD INTERDIT
C'était une soirée d'été banale ...
L'air était étouffant, et la fraicheur semblait s'être fait la malle pour d'autres cieux plus accueillants.
Il m'était agréable de retrouver Virginie chaque soir sur le parvis de sa porte, quand nous ne pouvions pas faire autrement.
Je pressais souvent le pas pour pouvoir la rejoindre plus vite, avec comme seule pensée cette certitude qu'elle était aussi impatiente que moi.
Elle m'attendait, ce soir là, dans un kimono de soie brodé de motifs d'oiseaux du plus bel effet.
Un large sourire aux lèvres, elle m'accueillit en m'enlaçant tendrement.
Sous mon impulsion, nos baisers devinrent particulièrement ardents, confirmant cette osmose totale entre nos deux corps, désireux d'en avoir toujours plus.
Je lui dévorais littéralement le cou et lui suçotais l'oreille, ce qui avait le mérite de la rendre follle de désir.
Sentir sa poitrine saillante frotter contre mon tee-shirt affolait mes sens, et faisait monter lentement mais sûrement nos envies inavouables...
Nous étions demeurés sur le parvis de cette porte, et je dois le dire, cela n'en étais que plus excitant, au regard des quelques véhicules qui sillonnaient encore ce boulevard à cette heure tardive.
Je ne pouvais pas faire autrement qu'alimenter son désir de moi, cela flattait sans doute mon égo personnel...
Mes mains ont vite détecté ces failles en dessous de ces effets vestimentaires si légers...
J'ai ouvert très légèrement le haut de ce morceau de tissu dont elle se drapait comme pour se défendre d'un siège...
Elle émettait déjà de petits soupirs si charmants qu'il aurait été indélicat de ne pas lui offrir autre chose...
Bercé par ses ravissants attributs féminins, je m'y attardait longuement jusqu'à ce que ses mains me guident beaucoup plus bas, là où le feu commençait à couver.
Elle m'empoignait la chevelure d'une poigne ferme, déterminée et solide ...
J'ai caressé une dernière fois son dos et je me suis exécuté à descendre là où elle me l'indiquait si clairement, c'est à dire jusqu'à son entrejambe...
Je me suis amusé à l'idée que quelqu'un puisse nous surprendre, cette scène aurait été digne d'attention...
Mais il n'y avait plus que nous deux, rien que nous deux...Nous deux et nos basses envies irrésistibles portées par une désolante frustration.
Je me suis laissé transporté par cette envie et j'ai fait abstraction de ce qui se passait autour de moi...
Elle s'est abandonnée à la fougue de ma langue et de mes doigts, entrainée dans ce tourbillon de délicatesse...
Nous étions sur des braises ardentes, celles qui nourrissent le feu de la passion ...